50 ans et 6 raisons pour entreprendre

Consultante éditoriale - Paris

devenir entrepreneur à 50 ans

50 ans ! Quand ce chiffre vous tombe dessus, vous ne pouvez pas l’esquiver. Vous encaissez. On est vieux à 50 ans ? Aux yeux de la société, sans doute. Aux yeux des recruteurs, clairement. Et pourtant, lorsque j’ai soufflé mes 50 bougies il y a quelques mois, je ne me suis pas vraiment sentie plus vieille qu’à 40 ni même 30. En revanche, plus sûre de moi, plus compétente, plus confiante dans la vie, oui. Bref, le bon moment pour entreprendre.

Car 50 ans, cela veut dire 25 années d’une vie professionnelle faite de beaux succès, parfois de quelques loupés mais surtout de grandes décisions, de revirement de situation et d’obstacles surmontés. De tous ces grands et ces petits moments qui s’appellent une carrière, on tire forcément quelques leçons. J’en retiendrai 6 qui m’ont donnée le courage de troquer un CDI confortable mais peu épanouissant pour l’aventure de l’entrepreneuriat. Car même à 50 ans et peut-être surtout à 50 ans, on peut garder son âme d’aventurière !

Leçon n°1 : Apprendre à s’écouter et oublier ses peurs

C’était un dimanche soir, dans le train entre Paris et Bruxelles. Avec une de mes meilleures amies, nous avions quelques mois auparavant eu l’idée saugrenue de partir faire un tour du monde. A l’époque, elle travaillait en Belgique et je l’avais rejointe pour discuter de ce projet. Mais le couperet était tombé. Elle ne viendrait pas. Elle allait se fiancer et il n’était plus question pour elle de quitter son amoureux plusieurs mois. Evidemment, j’étais heureuse pour elle. Mais moi, qu’allais-je faire ? Renoncer à ce rêve qui me tenaillait depuis plusieurs années ? Et là dans ce train, comme une évidence, quelque chose de plus fort que tout m’a poussée à ne pas abandonner. C’était trop important presque vital. J’allais partir coûte que coûte. Prendre la bonne décision, c’est parfois tout simplement savoir s’écouter et oublier ses peurs.

Leçon n°2 : laisser l’univers conspirer pour soi

Si vous avez lu l’ « Alchimiste » de Paolo Coelo, vous connaissez peut-être cette phrase du livre : « Quand tu veux quelque chose, tout l’univers conspire à te permettre de réaliser ton désir ». Cela pourra paraître un peu trop mystique à certains. Et pourtant, la suite à sembler donner raison à ce conte de Noël. Une fois ma décision de partir prise, tout était loin d’être réglé. Premier point important : je n’avais pas du tout envie de partir seule. Dès mon retour, j’ai mis une annonce sur un site de voyageurs pour trouver un ou une co-équipière. Je dois l’avouer, je n’y croyais pas vraiment. Mais tout s’est enchaîné très vite. Parmi les quelques réponses que j’ai reçues, il y avait une fille, de mon âge et parisienne. Nous nous sommes rencontrées et rapidement nous nous sommes projetées ensemble dans ce voyage. Huit mois plus tard, sac au dos, nous filions en Asie. L’univers avait clairement entendu ma demande.

Leçon n° 3 : s’entourer des bonnes personnes

Nous avons vécu mille aventures, fait des rencontres incroyables, ouvert notre horizon à 360°. Non, je ne suis pas en train de dire qu’on doit tous faire un tour du monde pour mieux se trouver. Quoique… Je suis rentrée heureuse, boostée, confiante dans la vie. Et bien décidé à en changer. C’est ainsi qu’après 7 années comme directrice de la publicité d’un magazine, j’ai repris des études de journaliste. Le pari était risqué. Je n’ai pas eu beaucoup de soutien. Mon entourage était inquiet et faisait tout pour me décourager. Je ne peux pas les blâmer, vu de l’extérieur le projet était fou.

J’ai décidé de n’écouter que ceux qui approuvaient ce projet et me donnaient des conseils utiles à ma réorientation. Et là encore Paolo avait raison, tout s’est aligné. J’ai rencontré les bonnes personnes au bon moment. Et mon rêve est devenu réalité.

J’ai travaillé 3 ans dans un quotidien national, le journal La Croix où j’ai tout appris, puis dans d’autres médias plus spécialisés comme Phosphore. J’ai continué à voyager, fait le plus beau voyage de ma vie en Russie dont est sorti un livre : Sibériennes, aux éditions Transboréal, enchaîné les missions, les piges et les rencontres pendant plusieurs années. Bien sûr, tout n’a pas toujours été facile mais tout a été enrichissant. Ma vie était instable et beaucoup de gens pensaient que j’étais folle ! Folle mais parfaitement alignée avec moi-même. Et surtout, j’avais la vie que j’avais décidé d’avoir. Pas la vie que d’autres voulaient pour moi.

Leçon n° 4 : partir à temps

C’est vrai, j’avais pris des risques mais j’avais trouvé ma voie. Et puis un jour, j’ai retrouvé un CDI, le sacro saint CDI. Et à nouveau mon entourage a respiré. Moi aussi, j’étais contente. J’allais souffler un peu. J’avais un drôle de trublion de 3 kgs qui venait de rentrer dans ma vie et je voulais lui consacrer du temps. Un peu de stabilité n’était donc pas de refus !

J’ai eu la chance de travailler comme journaliste/rédactrice web pendant 7 ans près de chez moi et entouré de collègues sympas. Mais au bout de quelques années, je me suis essoufflée. Comme un éternel recommencement, je me suis reposée des questions. Devais-je partir, reprendre des risques ? ou rester au chaud dans le confort, certes mais dans l’ennuie. J’avais plus d’expérience, je me connaissais mieux, je savais de quoi j’étais capable et pourtant la peur était revenue. Peut-être, avais-je plus à perdre.

Une question m’a finalement fait réagir : avais-je envie de passer les 15 prochaines années de ma vie professionnelle à vivre à moitié endormie ? Que valait-il mieux : essayer et peut-être échouer mais ne pas avoir de regret ? ou vivre en se contentant de rêver à la vie qu’on aimerait avoir. N’allais-je pas finir moi aussi avec un burn out, un bore out ou un brown out. Appelez-le comme vous voulez. J’ai remis les compteurs à zéro. J’avais eu la force de caractère de choisir mon destin à 30 ans. Allais-je renoncer à presque 50 ? Alors je suis partie.

Leçon N°5 : se faire accompagner 

Non, je ne suis pas repartie faire un tour du monde ! Même si j’aurais bien aimé !! J’ai beaucoup réfléchi : changer à nouveau de carrière ? En avais-le courage ? L’envie réelle et sérieuse ? Je savais l’énergie et la volonté que cela demandait.

Parfois il est bon de se faire accompagner. Engager une réflexion avec quelqu’un qui ne vous connaît pas est certes coûteux mais peut vous faire gagner un temps précieux. Un coach vous oblige à vous poser les bonnes questions, à vous faire prendre du recul, à confronter vos idées à la réalité. Si c’était à refaire j’hésiterai moins longtemps. J’ai finalement acquis la certitude que j’aimais toujours mon métier et que je le faisais bien. 15 ans à écrire, à interviewer, à enquêter, à raconter des histoires. Je n’étais pas prête à y renoncer. J’avais surtout besoin de redonner du peps et de l’aventure à ma vie professionnelle.

Leçon N°6 : trouver le sens qui vous fait avancer

Lui redonner du sens aussi…

J’aurais pu tenter de retrouver un CDI. Mais je savais aussi que ce changement de dizaine compliquait sérieusement les choses. En réalité, la vraie question était plutôt : en avais-je envie ? Quel sens avais-je envie de donner à ce nouveau tournant. Ces dernières années, je me suis beaucoup intéressée aux thématiques de l’écologie et du développement durable. J’ai même embarqué, non sans mal, toute ma famille dans une démarche zéro déchet ! J’ai pigé pour un média spécialisé linfodurable et découvert les projets fantastiques que des entrepreneurs engagés tentaient de faire vivre. Mettre ma plume, mes années d’expérience et mes compétences éditoriales auprès de ces chefs d’entreprises investis dans la transition écologique ou l’économie sociale et solidaire est donc apparu comme une évidence. J’avais trouvé le nouveau moteur qui allait me faire avancer.

 

Cet article vous a plu ? Partagez-le !

Pour ne rater aucun article, chaque jeudi recevez une newsletter dans votre boîte mail

 

4 Responses

  1. Astrid dit :

    merci pour ce bel article ! Je me retrouve dans chacun des points. Oser croire en quelque chose de différent, sortir de sa zone de confort en osant faire les premiers pas, et un jour oser sauter dans le vide et se lancer ! Le seul point de différence c est que de parcours je l ai fait à 33ans… bravo et belle vie à ton projet !

    • valfrancois69 dit :

      Merci Astrid ! Oui il n’ y a pas d’âge pour entreprendre. Chaque chemin est différent. Bonne chance à toi aussi.

  2. cécile dit :

    Bravo Valérie ! Je retrouve ta force de caractère et ta détermination. Voici une nouvelle page qui s’ouvre et une nouvelle vie professionnelle qui commence. Avec tous mes encouragements et félicitations !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *